L'histoire, en trois paragraphes
Dans beaucoup de crèches algériennes, la journée de l'enfant se raconte encore sur un cahier et dans un groupe WhatsApp. Le matin, l'éducatrice note les arrivées sur un cahier qu'elle recopie le soir. Les parents appellent pour savoir si l'enfant est bien arrivé. Les absences se déclarent par téléphone, à sept heures. Les photos partent dans un groupe où tout le monde voit tout, et l'éducatrice y est jointe le soir sur son numéro personnel. Rien de tout cela n'est fautif : ce sont les outils qu'on avait sous la main.
Yaoumy réunit l'administration de la crèche, les éducatrices et les parents sur les mêmes informations, chacun avec sa vue. L'administration pilote depuis un tableau de bord web : enfants, classes, équipe, présences, paiements, réinscriptions. L'éducatrice travaille depuis son téléphone, sur ses seules classes : pointage en un geste, rapport du jour, photos adressées aux familles concernées, messagerie sans donner son numéro. Le parent suit son enfant depuis le sien, prévient d'une absence, consulte le menu et ses paiements. Personne ne ressaisit ce qu'un autre a déjà écrit, et une photo d'enfant ne circule plus au-delà de la crèche.
« Conçu ici » veut dire des choses précises. La semaine va du dimanche au jeudi, avec le samedi activable. L'arabe s'affiche de droite à gauche, au même niveau que le français, et l'anglais est là pour les familles étrangères. Le vocabulaire est celui des crèches d'ici : crèche, éducatrice, classe, réinscription. L'application et les données sont hébergées à 100 % en Algérie, conformément à la Loi 18-07. Et au bout du numéro, il y a quelqu'un qui répond, en français ou en arabe, et qui se déplace dans les crèches d'Alger.